EAU VIVE .... réunion du 11 décembre 2000

du groupe de discussions CWG


Réunion du lundi 11 décembre 2000


Le sujet de ce soir fut sur la souffrance en essayant de comprendre la raison de cette souffrance et si celle-ci était vraiment nécessaire.

Dieu précise dans le tome 1 que pour Lui la souffrance est absolument inutile à l'expérience humaine, qu'elle est mauvaise pour l'homme et que qu'elle Lui déplait. Neale s'interroge alors sur la raison qui fait qu'il y ait autant de souffrance sur la terre et la réponse de Dieu est que nous avons les outils qu'il faut pour éliminer la douleur mais que nous ne les utilisons pas. Il précise que la souffrance n'a rien à voir avec les événements mais avec la réaction que l'on a à leur égard.

En cela certains participants ont rappelé les explications de Dieu sur les êtres hautement évolués dans le tome 3 en précisant que ceux-ci ne ressentent plus la douleur, qu'ils ont fait le choix de ne pas souffrir et qu'ils parviennent ainsi à vivre dans un état de béatitude. Il a été dit ainsi que l'on pouvait aussi apprendre à se désidentifier de la douleur, ou apprendre à ne pas généraliser la douleur lorsqu'elle survient, à ne pas la laisser prendre possession de tout l'être.

De la même manière lorsqu'on voit un autre souffrir, il est juste de compatir mais certainement pas de prendre sa souffrance sur soi, avec soi. Il n'y a pas non plus de jugement sur la souffrance de l'autre, ni d'obligation de tenter de libérer l'autre de sa souffrance parce que nous-même nous souffrons de le voir ainsi. La souffrance de l'autre est son histoire et la nôtre par rapport à lui est aussi notre histoire. L'important est que nous ayons de la compassion et du respect pour l'autre et sa souffrance et de faire ce qui est possible pour l'aider, mais il n'y a pas à prendre sa souffrance sur nous, ni à se noyer avec celui qui se noit. Il nous faut rester présent, disponible et faire son possible mais c'est notre responsabilité ou non d'endosser la souffrance de l'autre.

Mais que la souffrance soit nôtre ou celle de ou des autres, doit-on aller aussi loin dans cette impasse de douleur ? Est-ce un mal nécessaire ? Ou la souffrance n'est-elle pas obligatoire et que là aussi il ne serait que de notre responsabilité de nous en libérer ? Faut-il reconnaître nos souffrances, faut-il accepter nos souffrances, ou la souffrance ne serait-elle qu'illusion, que la traduction d'une peur de nous ouvrir à la Vie ?

Nous avons mentionné à ce sujet l'excellent livre de Guy Corneau qui pose comme interrogation "nos souffrances ont-elles un sens ?" et qui traduit tout notre cheminement de douleur face à notre difficulté de nous ouvrir à notre vraie dimension de vie. En ce sens la souffrance a le sens de nous permettre la guérison de l'ouverture du coeur. S'ouvrir à notre véritable "être", devenir pleinement nous-même est une chose difficile. La plupart du temps nous avons peur de cette véritable aventure de vie et c'est cela qui nous fait le plus souffrir. C'est notre ego qui resiste, qui se crispe, qui refuse le changement. Car il nous faut alors faire face à l'inconnu, au vide, à l'incertitude et alors souffrir devient presque plus facile que d'aller de l'avant, que de sauter le pas. Rester dans ses vieux vêtements inconfortables et douloureux est malgré tout rassurant car connu. La souffrance devient ici la preuve d'une amplification d'un ressenti négatif lié à nos peurs, à toute l'interprétation psychologique, affective, mentale que nous posons sur ce qui nous arrive et qui vient nourrir cette souffrance en la rendant encore plus réelle, encore plus difficile à traverser.

Certains ont évoqué avec sens l'importance de la notion de souffrance dans la religion essentiellement à travers les souffrances du Christ. De nombreux chrétiens pensent devoir souffrir pour se rapprocher du Christ et être ainsi en compassion avec sa souffrance et porter une part de sa croix. Mais qu'en est-il de la souffrance du Christ ? A-t-il souffert sur la croix ? Pour certains il fallait à tout prix démystifier cette percetion de la souffrance, car pour eux le Christ était un Maitre et le Maitre est celui qui a dépassé la douleur, il ne tombe plus dans la souffrance face aux épreuves car il le vit dans une conscience totalement différente.

Le regard que nous posons sur la souffrance est donc déterminante. La notion de douleur est subjective, elle peut être relative, elle dépend beaucoup de notre seuil de tolérance mais aussi et surtout de notre interprétation. Peut-être peut-il y avoir une autre attitude face à la souffrance, une attitude qui nous permet de la voir comme un apprentissage, un passage, mais non pas comme une obligation. Quand le sens s'éveille, quand il n'y a plus d'attente ni de solution absolue, nous pouvons devenir les complices de la vie et cette ouverture peut permettre à n'en plus refuser les cadeaux. Il nous faut retrouver "qui" nous sommes vraiment, car lorsque nos "mots" ou attitudes ne nous définissent plus, notre corps expriment ses "maux" qui nous font tant souffrir, notre vie manifeste ses souffrances à travers nos expérinces, nos relations etc....

La souffrance est ici un signal qui nous indique la perte de notre direction essentielle, elle est utile mais pas nécessaire. A chaque moment nous pouvons écouter les messages de la vie et faire le choix de cesser de souffir en nous ouvrant à nous-mêmes.

La souffrance est-elle donc nécessaire. Non réponde la plupart, la souffrance n'a rien de nécessaire, elle est une illusion dont on doit se défaire. Elle peut pour certain être un passage obligé pour accéder à un état supérieur, mais elle n'est pas nécessaire en soi. Tout est une question de perception, de choix, d'idée. Il faut désormais faire le choix en conscience de croire à un état d'être sans souffrance, un état ou l'abscence de souffrance devient l'aboutissement.


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